La gloutonnerie est dangereuse pour la santé

La gloutonnerie est dangereuse pour la santé

Je me trouvais ce matin à un rassemblement des personnels de l’APHP. L’Assistance Publique Hôpitaux de Paris regroupe l’essentiel des hôpitaux de Paris et plusieurs établissements en banlieue. En Essonne elle gère uniquement l’hôpital Joffre-Dupuytren à Draveil. Mais beaucoup d’Essonniens fréquentents les établissements de l’APHP en dehors du 91 selon les spécialités médicales dont ils ont besoin. Et puis les attaques dont est victime l’APHP sont les mêmes que celles qui touchent les autres hôpitaux publics. Avec une particularité qui excite les morfales qui veulent investir leur argent dans les cliniques privées. L’APHP fait en effet figure de bastion du public : à Paris on me dit que 80% des actes sont réalisés par ses établissements. C’est une source de profit en moins considérable pour les cliniques.

Alors les pressions se multiplient pour mettre à bas ce « monstre bureaucratique » que serait l’APHP (appellation rituelle des services publics à nettoyer pour faire place à la bureaucratie mille fois plus monstrueuse du profit privé). Avec toujours les mêmes recettes : fermetures de services et d’établissements, suppressions de personnels… Le hasard de mon engagement militant me fait cotoyer plusieurs salariés de ce secteur et je mesure à la fatigue qui s’accumule sur leur visage la dégradation effroyablement rapide de leurs conditions de travail. Après il ne faudra pas s’étonner s’il y a des accidents. D’ailleurs même les accidents deviennent pour les libéraux qui en sont responsables des prétextes à chanter des odes aux cliniques privées. Avez-vous remarqué que ceux qui dénoncent les services hospitaliers soit disant dangereux parce qu’ils ne pratiqueraient pas assez d’actes ne réservent cette comptabilité qu’au secteur public. Le privé est réputé automatiquement sûr. Normal, si c’est plus cher, c’est que c’est mieux ! Le pire c’est que certains le croient. N’est-ce pas Johnny ?

Ces professionnels de santé se battent donc pour maintenir un service public de qualité face aux puissants appétits privés. Leur lutte sociale converge avec l’intérêt général. C’est ce que j’ai voulu exprimer en allant les soutenir sur place. Et puis je mesure combien leur lutte se mène dans des conditions d’isolement effroyables. Certes beauoup de collectifs existent. En Essonne je pense notamment à celui constitué en défense de l’hôpital de Juvisy. On constate souvent sur ces questions une forte sympathie dans la population. Mais sur le terrain politique ils doivent lutter en subissant de surcroît l’alignement du PS sur les thèses libérales.

Le président de l’APHP est le député PS Jean-Marie Le Guen. Il refuse de voter le budget insuffisant de l’APHP. Mais il accompagne hélas toutes les fermetures qui en découlent. Quant au directeur de la toute nouvelle Agence Régionale de Santé de l’Ile-de-France, c’est l’ancien ministre de la Santé Claude Evin, un proche de Michel Rocard. Son arrivée n’est pas passé inaperçue. Elle s’est produite peu après la publication d’un rapport du médiateur de la République sur les problèmes de maltraitance à l’hôpital. Celui-ci relève que 80% des cas de maltraitance touchent les personnels et non les malades. Puis il donne trois exemples de maltraitance de malades dont 2 ont été constatés dans des établissements privés. Qu’en déduit Claude Evin ? Qu’il y a un grave problème de maltraitance des malades dans l’hôpital public et qu’il faut donc accélérer les réformes. Une gifle de plus pour les personnels qui en subissent quotidiennement les conséquences.