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	<title>Une bonne gauche contre la droite</title>
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		<title>On peut le faire!</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 08:49:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Delapierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cette nuit, pendant que nous nous préparions à la grande manif pour les retraites et que nous finalisions le programme de la Fête de l’Huma, le premier ministre grec Papandreou a remanié son gouvernement. Enfin du changement ? Non, il a gardé les mêmes. Un vrai jeu de chaises musicales : beaucoup de transferts de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette nuit, pendant que nous nous préparions à la grande manif pour les retraites et que nous finalisions le programme de la Fête de l’Huma, le premier ministre grec Papandreou a remanié son gouvernement. Enfin du changement ? Non, il a gardé les mêmes. Un vrai jeu de chaises musicales : beaucoup de transferts de maroquins mais un seul départ. C’est toujours bluffant de voir comment les défenseurs de la « flexibilité » de l’emploi se l’appliquent à eux-mêmes ! En tout cas le message du Premier ministre grec est le suivant : je continue car il n’y a qu’une politique possible. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ? Si bien sûr. C’est le refrain que serine Sarkozy pour emballer sa réforme des retraites avec moult soupirs hypocrites sur les sacrifices à faire… par les autres.</p>
<p>Et pourtant, c’est sûr qu’on peut faire autrement ! Tenez, un autre chef d’Etat européen en apporte en ce moment même la preuve. Honte pour les sociaux-démocrates, c’est un gars de droite qui fait ce que leur chef Papandreou, président de l’Internationale socialiste, n’a jamais osé. Le président Hongrois a claqué la porte au nez des arrogants du FMI et de l’Union Européenne. Ceux-ci exigeaient qu’il renonce à une grosse taxe sur les banques. Avec chantage à la clé : sinon le FMI arrêtera ses aides et les marchés financiers vous sanctionneront. Le président hongrois les a envoyé paître, eux, leurs aides et leurs menaces. Et l’Apocalypse annoncée n’a pas eu lieu. Au lieu du déchaînement promis, personne n’en parle ! C’est qu’il ne faudrait pas donner des idées aux autres peuples. Et puis la Hongrie pourrait répliquer en refusant de rembourser ses dettes aux banques ! Si Papandreou avait eu un peu plus de courage il les tenait lui aussi à la gorge.</p>
<p>Bien sûr pour faire autrement, il faut une gauche qui ose affronter les banques et les marchés financiers et pas une gauche qui préside le FMI, ce chef d’orchestre du martyr des peuples ! En France, le Front de Gauche est ce rassemblement ouvert à tous ceux qui agissent pour battre la droite et ne veulent ni de Papandreou ni de Strauss-Kahn. Cette Fête de l’Humanité est un moment très spécial pour nous. Nous lancerons ici, dans la fournaise fraternelle et combative de la fête, le chantier d’élaboration de notre programme partagé. Le Parti de Gauche a consacré son été à préparer ce moment en rassemblant plus d’un millier de propositions concrètes. Ensemble nous pouvons apporter la preuve que le changement est possible.</p>
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		<title>Une opération honteuse et ridicule</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 08:38:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Delapierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Les militants du Parti de Gauche présents en nombre ce matin à Fleury-Mérogis ont assisté à l’expulsion du camp de Roms organisée par la préfecture de l’Essonne. Dans une débauche de moyens grotesque, plusieurs centaines de fonctionnaires de police et de gendarmerie ont été mobilisés pour expulser seulement 14 familles pacifiques. N’y a-t-il pas mieux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les militants du Parti de Gauche présents en nombre ce matin à Fleury-Mérogis ont assisté à l’expulsion du camp de Roms organisée par la préfecture de l’Essonne.</p>
<p>Dans une débauche de moyens grotesque, plusieurs centaines de fonctionnaires de police et de gendarmerie ont été mobilisés pour expulser seulement 14 familles pacifiques. N’y a-t-il pas mieux à faire comme par exemple démanteler les trafics de drogue qui sévissent à quelques pas de là ?</p>
<p>Maintenant ces familles vont passer trois jours en hébergement d’urgence, dans un hôtel aux frais du Conseil général de l’Essonne. Puis elles se retrouveront à nouveau sans logement comme des millions de nos concitoyens qui attendent que l’on construise des logements sociaux et n’ont pour toute réponse que le cirque sécuritaire du gouvernement. La scolarité de leurs enfants sera interrompue après qu’ils aient subi le traumatisme de l’expulsion. Déjà les 5 enfants scolarisés à Fleury n’ont pu se rendre à l’école que grâce à la solidarité des essonniens mobilisés sur place. Jeudi quand l’inspection d’académie recomptera les élèves dans les classes, ils auront peut-être disparu. Alors une classe sera fermée car c’est leur présence qui a permis jusqu’ici de la sauver.</p>
<p>Quel sera donc le résultat de cette politique ? Personne ne vivra mieux, tout le monde vivra plus mal. Décidément la France ne mérite pas cela.</p>
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		<title>Roms de Fleury : refusons l&#8217;expulsion, exigeons de vraies réponses</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 14:33:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Delapierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La police vient de faire couper l&#8217;électricité sur le camp Rom de Fleury et l&#8217;eau doit l&#8217;être dans les heures qui viennent. Tout est fait pour que les résidents s&#8217;en aillent puis s&#8217;installent ailleurs, conduisant à une succession de nouvelles expulsions. Ce cirque politicien est indigne de notre République. En fabriquant des boucs émissaires le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La police vient de faire couper l&#8217;électricité sur le camp Rom de Fleury et l&#8217;eau doit l&#8217;être dans les heures qui viennent. Tout est fait pour que les résidents s&#8217;en aillent puis s&#8217;installent ailleurs, conduisant à une succession de nouvelles expulsions. Ce cirque politicien est indigne de notre République. En fabriquant des boucs émissaires le pouvoir cache les vrais problèmes et pratique une politique discriminatoire.</p>
<p>Les camps de Roms, qui ne sont pas des gens du voyage, sont la conséquence des problèmes immenses de mal logement qui existent dans notre pays et notamment en Ile-de-France. Il suffit de regarder autour de soi pour voir la multiplication de bidonvilles bien français dont le gouvernement ne se soucie pas le moins du monde.</p>
<p>Les camps de Roms sont la conséquence de l&#8217;attitude de nombreux maires qui ne respectent pas la loi sur les 20% de logements sociaux. Mais il est vrai que le mauvais exemple vient d&#8217;en haut, avec un président de la République ancien maire de Neuilly-sur-Seine, une ville hors-la-loi et multirécidiviste.</p>
<p>Les camps de Roms sont la conséquence des mesures décidées par le gouvernement français au moment de l&#8217;adhésion à l&#8217;Union Européenne de la Bulgarie et de la Roumanie en 2007, qui exclut ces citoyens européens du marché de l&#8217;emploi et du droit aux prestations sociales. Quelle honte pour un pays riche comme le nôtre de se prétendre incapable d&#8217;assurer leurs droits sociaux à ce petit groupe de seulement 15000 résidents !</p>
<p>Inefficace, cette politique-spectacle est par ailleurs inacceptable. On ne peut tolérer en République qu&#8217;une politique d&#8217;Etat cible des personnes en raison de leur origine. La loi doit être la même pour tous. Or c&#8217;est bien une politique dirigée contre les Roms qu&#8217;applique le préfet de l&#8217;Essonne. </p>
<p>Les républicains doivent s&#8217;opposer par tous les moyens à cette politique. Je demande donc au maire socialiste de Fleury de revenir, comme l&#8217;a fait Martine Aubry à Lille, sur sa requête d&#8217;expulsion du camp Rom.</p>
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		<title>Communiqué : Estrosi, un délinquant culotté et dangereux pour la République</title>
		<link>http://blog.francoisdelapierre.fr/estrosi-un-delinquant-culotte-et-dangereux-pour-la-republique/</link>
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		<pubDate>Sun, 15 Aug 2010 12:57:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Delapierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est en tant que maire de Nice que Christian Estrosi appelle aujourd&#8217;hui dans le Journal du Dimanche à sanctionner les maires qui n&#8217;appliqueraient pas les lois sarkozyennes sur la sécurité. Quelle impudence de la part d&#8217;un élu qui viole sciemment la loi en refusant de construire dans sa ville 20% de logements sociaux ! Estrosi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est en tant que maire de Nice que Christian Estrosi appelle aujourd&#8217;hui dans le Journal du Dimanche à sanctionner les maires qui n&#8217;appliqueraient pas les lois sarkozyennes sur la sécurité. Quelle impudence de la part d&#8217;un élu qui viole sciemment la loi en refusant de construire dans sa ville 20% de logements sociaux !</p>
<p>Estrosi veut imposer des amendes aux communes qu&#8217;il dénonce mais échappe dans sa propre ville à l&#8217;amende prévue par la loi grâce au laxisme d&#8217;un préfet bien incapable de sanctionner un ami du Président de la République.</p>
<p>Décidément, ce pouvoir est celui du deux poids deux mesures. Dur avec les pauvres privés de droit comme les Roms, soumis devant les riches, comme ceux qui font de la Côte d&#8217;Azur une zone hors-la-loi. Ceux qui menacent la République, ce ne sont pas les pauvres qui galèrent mais les riches qui trichent avec la loi, fraudent le fisc et fabriquent des boucs émissaires pour sauver leurs privilèges.</p>
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		<title>Communiqué : la droite pliée à Rambouillet</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jul 2010 21:08:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Delapierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est la gauche unie contre la dégradation des retraites et le plan d’austérité du gouvernement qui arrache ce soir à Rambouillet une circonscription historiquement ancrée à droite. Cette victoire sans appel est celle d’un rassemblement de la gauche sans Modem à l’horizon. La progression enregistrée par le Front de Gauche au premier tour par rapport [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la gauche unie contre la dégradation des retraites et le plan d’austérité du gouvernement qui arrache ce soir à Rambouillet une circonscription historiquement ancrée à droite. Cette victoire sans appel est celle d’un rassemblement de la gauche sans Modem à l’horizon. La progression enregistrée par le Front de Gauche au premier tour par rapport à la précédente élection a contribué à rassembler une majorité à gauche au second tour. C’est la preuve de l’efficacité de la stratégie d’autonomie puis de rassemblement du Front de Gauche dans le cadre d’une union à gauche exclusivement.</p>
<p>Bien sûr cette élection est aussi et surtout une lourde sanction contre le gouvernement. Deux secrétaires d’Etat sont partis il y a une semaine. Ce soir c’est le tour d’un parlementaire UMP de faire ses valises. Si les électeurs avaient  la parole dans tout le pays, c’est toute la droite qui devrait s’en aller.</p>
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		<title>Grèce, fin ?</title>
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		<pubDate>Fri, 28 May 2010 08:09:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Delapierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Etranger]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis maintenant dans l’avion de retour. Je reviens avec une extinction de voix carabinée sans doute provoquée par des miasmes qui m’attendaient goulûment dans le système d’air conditionné de l’hôtel. Ce n’est pas vraiment handicapant pour écrire. Malheureusement je dois ouvrir dans seulement 36 heures la convention régionale du Parti de Gauche de Midi-Pyrénées. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis maintenant dans l’avion de retour. Je reviens avec une extinction de voix carabinée sans doute provoquée par des miasmes qui m’attendaient goulûment dans le système d’air conditionné de l’hôtel. Ce n’est pas vraiment handicapant pour écrire. Malheureusement je dois ouvrir dans seulement 36 heures la convention régionale du Parti de Gauche de Midi-Pyrénées. J’ai acheté un pot de miel à l’aéroport conformément aux recettes de grand-mère que l’on m’a conseillées en espérant qu’elles seront d’une efficacité foudroyante. Jean-Christophe Sellin, notre élu à Toulouse,  militant culturel de longue date, m’a lui donné une recette qu’il tient des chanteurs d’opéra avec lesquels il travaille. Leur seul ingrédient commun est le miel. C’est bon pour la cote du miel alors. Je devrais peut-être commencer le traitement dès maintenant. Mais si j’ouvre le pot dans l’avion je risque l’arrestation immédiate pour violation des règlements antiterroristes. J’attendrai donc la terre libre. Et j’essaie pour l’heure de rassembler mes esprits tabassés par l’invasion microbienne. Que me reste-t-il à dire avant d’être repris par les exigences combinées de ma vie professionnelle et de mes responsabilités politiques qui se rappelleront à moi dès demain, le matin pour la Région Ile-de-France, l’après-midi à mon travail ? Quelques petites choses laissées jusqu’alors dans l’ombre.  J’invite donc le lecteur à l’indulgence vis-à-vis de cette dernière note décousue. Ce sera la voiture balai des quelques informations qui me semblent utiles mais que j’ai abandonnées en chemin.</p>
<p>Je voudrais d’abord évoquer un élément un peu annexe mais que le conseiller régional que je suis ne pouvait que noter. Hier j’ai trouvé Athènes traversée en tous sens et tout au long de la journée par des petits cortèges de manifestants munis de banderoles et de drapeaux noirs. Chacun d’eux convergeait vers le Parlement avant de se dissiper et de laisser la place au suivant. Venus des communautés locales (arrondissements d’Athènes) ou de lointaines îles, ils dénonçaient la réforme territoriale qui se trouvait à l’ordre du jour du Parlement. Au menu de celle-ci, la suppression des 44 préfectures remplacées par 13 régions, le transfert de nombreuses compétences aux régions et communes, sans les moyens correspondants bien sûr, la fusion autoritaire de communes&#8230; Cela vous rappelle quelque chose ? A vrai dire je crois impossible que le PASOK ait repris directement de l’UMP la décentralisation Raffarin et la réforme Sarkozy réunies. Mais il est frappant de voir combien, dès lors que les sociaux-démocrates adoptent les fondements politiques de la droite, comme la réduction des services publics ou une vision du développement économique fondée sur la concurrence des régions, ils finissent sans le vouloir par adopter les mêmes lois. Je me devais d’en dire un mot pour une autre raison. C’est que le prochain rendez-vous électoral, en novembre, sera justement celui-ci. Pour la première fois les Grecs éliront leurs Assemblées régionales. C’est donc un scrutin difficile à analyser qui s’annonce, puisqu’il n’y a ni sortants ni point de comparaison avec des élections précédentes.</p>
<p>Ensuite je veux dire un mot des propositions formulées par Synaspismos pour répondre à la crise. Comme nous, ils se sont opposés au plan européen dit mensongèrement « d’aide à la Grèce ». Dans la mesure où cette politique prend l’exact contre-pied des engagements de campagne de Papandreou, ils militent pour la tenue d’un référendum, et je constate à cette occasion combien le non français du 29 mai 2005 reste une référence pour l’autre gauche européenne. Ils demandent comme nous que la BCE puisse prêter directement à l’Etat grec au taux avantageux qu’elle concède aux banques privées qui viennent ensuite saigner la Grèce. En personnes lucides, ils refusent le recours au FMI.</p>
<p>Ils se battent ensuite pour de nouvelles ressources permettant de réduire le déficit public. Il s’agit d’abord de revenir sur la baisse des impôts offerte aux entreprises et aux plus riches. Synaspismos veut également que l’Eglise soit enfin assujettie à l’impôt foncier. Celle-ci est en effet le premier propriétaire foncier sur la base d’écrits remontant à l’Empire ottoman ! Dans son patrimoine, on trouve des forêts immenses, des montagnes entières, des terrains de grande valeur dans les zones urbaines. L’Eglise réclame d’ailleurs régulièrement de nouvelles terres à mesure qu’elle exhume ses justificatifs antédiluviens. Hélas l’Etat se laisse faire. Une ministre de droite a été lâchée en rase campagne à la demande de l’Eglise pour avoir seulement pensé à faire enlever les signes religieux des écoles, et avoir constitué une commission d’historiens pour écrire le manuel scolaire qu’utilisent tous les écoliers du primaire parce que celui-ci s’apparente à une lourde propagande nationaliste et ultra-orthodoxe contre l’ennemi turc. Il faut dire que l’Eglise et l’Etat ne sont pas séparés. L’Eglise bénéficie donc de privilèges institutionnels de la part de l’Etat, qui salarie les prêtres. Bien sûr cela produit une aussi discrimination vis-à-vis des religions minoritaires. A tel point que jusqu’à récemment seuls les chrétiens orthodoxes avaient le droit d’enseigner dans les écoles publiques, et pas les catholiques, juifs, musulmans ou athées ! J’enrage donc de la lâcheté du PASOK qui a reculé au premier froncement de sourcil du grand métropolite lorsqu’il s’est agi de faire payer même symboliquement quelque chose à l’Eglise orthodoxe grecque. Il y avait là une extraordinaire opportunité d’en finir avec la toute-puissance ecclésiastique qui empoisonne la vie politique du pays. La politique d’union nationale est décidemment une politique de capitulation sur toute la ligne, qui conduit à abandonner aussi bien le combat de classe pour la justice sociale que celui de la laïcité.</p>
<p>Enfin, Synaspismos défend aussi une baisse simultanée des dépenses militaires grecques et turques. Ils espèrent une détente dans les relations entre ces deux pays, et saluent la venue récente du premier ministre turc Erdogan à Athènes. Malgré leur appartenance commune à l’OTAN, Turquie et Grèce se livrent à des démonstrations de force quotidiennes dans le ciel de la Mer Egée où chacun accuse l’autre de violer son espace aérien. Leur ballet aérien ne s’est arrêté qu’une journée, lors d’une grève des pilotes qui refusaient l’unique « sacrifice » demandé par Papandreou aux militaires, à savoir la baisse de leurs traitements. La Grèce n’a pas été envahie et cette désertion sur le champ de bataille n’a même pas été sanctionnée des arrêts de rigueur. On peut donc se demander à qui sert ce cirque sinon aux Américains qui fabriquent le F16 et le vendent des deux côtés. Je note pourtant que personne n’a demandé aux Grecs de réduire leurs dépenses dans ce secteur. C’est même l’inverse. L’annonce des plans de soutien à la Grèce a été précédée d’une visite de Papandreou en France et en Allemagne dont le premier résultat a été la signature de nouveaux contrats d’armement. Nouvelle démonstration que la crise grecque ne peut être séparée du schéma d’ensemble. Leurs immenses dépenses d’armement sont aussi nos ventes d’arme. Les politiques grecs corrompus dénoncés par la presse allemande n’existeraient pas sans le grand corrupteur allemand Siemens. De même que le gigantesque excédent commercial de l’Allemagne serait impossible s’il ne trouvait pas face à lui des déficits commerciaux du même montant. La soi-disant « vertu » allemande a donc besoin du soi-disant « vice » grec pour exister.</p>
<p>C’est pourquoi l’internationalisme du Parti de Gauche n’est pas seulement un fait de solidarité militante. Il exprime aussi la conscience que nous avons d’affronter un système global. En cela, le nationalisme n’est pas seulement fauteur de guerre. C’est aussi un poison pour l’intelligence. En nous conduisant à limiter notre regard à un détail du tableau, il interdit d’en comprendre le sens. Les dirigeants européens occupés à mettre en œuvre leur plan de relance national tous au même moment sans prendre en compte l’effet global que leur action va produire vont bientôt nous en apporter la preuve. Je quitte donc la Grèce avec le sentiment que les événements pourraient sous peu de m’y rappeler. A moins que la prochaine explosion ait lieu ailleurs, voire qu’elle embrase cette fois le continent tout entier.</p>
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		<title>Grèce suite, l&#8217;autre gauche</title>
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		<pubDate>Fri, 28 May 2010 08:03:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Delapierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je racontais dans ma précédente note grecque d’hier comment l’extrême droite et ce patron grec qui cherche à devenir un nouveau Berlusconi s’étaient fort heureusement pris les pieds dans le tapis au démarrage de la course de vitesse qui s’engage avec l’autre gauche. Il ne faut pas en déduire qu’ils seraient éliminés d’entrée de jeu. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je racontais dans ma précédente note grecque d’hier comment l’extrême droite et ce patron grec qui cherche à devenir un nouveau Berlusconi s’étaient fort heureusement pris les pieds dans le tapis au démarrage de la course de vitesse qui s’engage avec l’autre gauche. Il ne faut pas en déduire qu’ils seraient éliminés d’entrée de jeu. Un mauvais climat politique s’est installé ici qui peut leur redonner de l’oxygène. La politique grecque vit en effet au rythme de plusieurs commissions d’enquêtes mises en place par la nouvelle majorité. L’une se penche sur le tripotage des statistiques publiques, l’autre sur la corruption de plusieurs élus par Siemens (ce qui éclabousse à la fois les socialistes et la droite), une autre encore sur des scandales liées à des opérations immobilières de l’Eglise, premier propriétaire foncier du pays, dont les relais politiques surgissent à cette occasion en pleine lumière.</p>
<p>De fait la photographie la plus récente des rapports de force dont nous disposons est celle qu’ont fournie les législatives de l’an dernier. Ce qui est intéressant est qu’elles se sont tenues après le déclenchement de la crise des subprimes. L’effet politique du début de la crise peut dès lors être mesuré. Les urnes ont en effet bouleversé le jeu politique. La droite sortante (parti Nouvelle Démocratie) a subi un violent revers. Or seules deux partis ont progressé depuis les législatives de 2004. Il s’agit du Parti socialiste de Papandreou, le PASOK qui a atteint les 44% après avoir mené campagne sur une ligne de gauche nettement différente de celle que portait le dernier premier ministre socialiste, Costas Simitis, un admirateur de Blair. Il s’agit ensuite dans une plus faible mesure de l’extrême-droite, et son parti Laos (rassemblement populaire orthodoxe, l’acronyme Laos signifiant peuple)  qui est entré pour la deuxième fois consécutive au Parlement devenant même le 4e parti du pays. La gauche radicale, divisée entre deux forces, a reculé : Synaspismos et la coalition Syriza et le KKE communiste ont enregistré tous deux un léger repli avec respectivement 4,6 et 7,6% des voix. Dans cette première phase de la crise, l’autre gauche n’est donc pas apparue comme une réponse, et c’est surtout vers le PASOK que les électeurs en attente d’un changement à gauche se sont tournés.</p>
<p>Or nous entrons maintenant dans une deuxième phase de la crise. Le PASOK s’est déjà assis sur ses promesses électorales, mais les conséquences de son revirement commencent seulement à se manifester. Jusqu’à présent les sacrifices étaient surtout dans les discours. Maintenant ils sont sur la feuille de paie. On me signale des retraités qui ont vu ce mois-ci une chute de 25% de leur pension. Et personne encore n’a pris pleinement conscience que ce traitement de cheval sera inefficace. Qu’il sera donc demandé aux Grecs de nouveaux reculs, et qu’à la fin le pays ne pourra tout simplement pas rembourser la dette puisque son économie aura été jeté dans la dépression par les politiques de rigueur. C’est maintenant une certitude. Car non seulement le plan grec va provoquer une contraction de la demande domestique mais la succession de plans de rigueur dans les principales économies de l’Union va achever de nous jeter tous dans le même trou. Il aura fallu que la première expérience de coordination des politiques économiques en Europe prenne la forme aberrante d’un plan d’austérité généralisé qui va entraîner un recul simultané de tous les débouchés commerciaux des pays de l’Union et donc une spirale dépressive qu’aucune politique nationale tournée elle vers la relance ne viendra contrebalancer. Même à l’époque où il faisait la pluie et le beau temps en Amérique Latine, je n’ai pas souvenir que le FMI ait pu enclencher de tels politiques d’austérité simultanément dans une zone économique aussi importante et économiquement intégrée que l’est l’Union européenne. Il faut donc s’attendre à des désastres au carré.</p>
<p>Alors viendra le moment où la société cherchera une issue. L’autre gauche en Grèce en sera-t-elle une ? Mes interlocuteurs ne débordent pas d’optimisme. Ils pâtissent d’abord de leur division. C’est hélas la ligne constante du parti communiste grec, le KKE, dernier parti communiste de quelque influence en Europe qui explique que les problèmes du communisme ont commencé après Staline. Même sur le terrain syndical, le KKE a constitué un regroupement distinct, auquel adhèrent les structures du syndicat unifié qu’il contrôle, qui refuse systématiquement toute action commune avec d’autres. Autre problème qui agite Synaspismos à la veille de son Congrès (qui se tiendra dans 15 jours), l’avenir de la coalition électorale Syriza. Celle-ci, qui date de 2001, s’est régulièrement élargie jusqu’à compter aujourd’hui 11 organisations de l’autre gauche. Mais cet élargissement n’a pas entraîné de progression électorale tout en posant des problèmes importants de fonctionnement commun. Des dissensions publiques s’expriment régulièrement et affaiblissent l’attractivité de Synaspismos, notamment vis-à-vis des socialistes que mes interlocuteurs espèrent, de manière un peu optimiste à mon avis, voir rompre les rangs. Je m’aperçois que j’ai oublié de vous dire quelles étaient ces organisations regroupées dans Syriza. Synaspismos, avec ses 18 000 adhérents, est de loin la plus importante. La suivante en taille, 1 000 adhérents, est un parti post maoïste. S’y trouve également une organisation « euro-communiste », quatre partis trotskystes ( !), un groupe « écosocialiste », deux anciennes scissions du Pasok et une du KKE. On comprend que l’attelage soit difficile à manier et peine à apparaître comme une alternative de pouvoir. Mais ce serait une erreur de railler cette énumération de petites organisations radicales car elle n’est pas sans évoquer certains des fronts latino-américains récemment portés au pouvoir par la révolution démocratique qui a déferlé sur ce continent.</p>
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		<title>Depuis la Grèce</title>
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		<pubDate>Wed, 26 May 2010 22:42:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Delapierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’écris cette note depuis la Grèce où je suis accueilli par nos camarades du parti de gauche Synaspismos. Je sais l’effort que cela représente d’organiser ma visite dans les conditions du vaste maelström politique qui s’est abattu sur ce pays, qui les accable et les accapare, les empêchant souvent d’y voir clair plus de trois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’écris cette note depuis la Grèce où je suis accueilli par nos camarades du parti de gauche Synaspismos. Je sais l’effort que cela représente d’organiser ma visite dans les conditions du vaste maelström politique qui s’est abattu sur ce pays, qui les accable et les accapare, les empêchant souvent d’y voir clair plus de trois jours à l’avance. <span id="more-539"></span>Mais ils me disent et me font sentir de multiples manières que ma présence leur est très utile. Le secteur international de Synaspismos s’est mis en quatre. L’annonce de ma venue a été faite à la presse et avant même de décoller, j’étais déjà attendu pour une émission de radio diffusée en anglais sur la radio internationale d’Athènes. Mon premier acte aura donc été de converser quelques minutes avec une journaliste dans la langue dominante des investisseurs qui saignent aujourd’hui son pays. Curieuse entrée en matière. </p>
<p>C’est important de savoir combien les visites ici en Grèce sont utiles pour donner de l’espoir à ceux qui s’efforcent de résister au cauchemar qui les dévore. D’autant que les grands leaders de la gauche européenne ne se bousculent pas au portillon. Aucun des innombrables et éminents chefs de l’Internationale socialiste n’est venu rendre visite au pays dévasté que gouverne Papandreou qui est pourtant son président en exercice. L’internationalisme de la parlotte s’est évaporé dans la dure réalité des confrontations nationales qui se déroulent pour faire payer la facture au voisin dès lors qu’on ne veut pas la présenter aux responsables mondialisés de la déroute. On peut faire à ce sujet le parallèle historique avec le naufrage de l’internationalisme prolétarien dans la Grande Guerre de 1914. Heureusement nous n’en sommes pas là encore. Mais nous savons que si d’aventure nous nous approchions du précipice, de tels chefs accompagneraient le mouvement général qui y jette les peuples. Avis en tout cas aux personnes disponibles et désireuses de se rendre utiles. La Grèce n’est qu’à trois heures d’avion. </p>
<p>Je suis aussi ici parce que cela peut aider au travail que nous faisons en France. Depuis le premier jour, la conviction du Parti de Gauche est que le désastre subi par les Grecs menace de s’abattre sur l’Europe toute entière. Ce n’est pas pour nous une crise grecque. C’est une crise du capitalisme, de l’Europe libérale et de la cohorte de ceux qui les ont hier célébrés au point de ne pouvoir aujourd’hui s’en émanciper. Avouez que nous ne nous sommes pas trop trompés. La liste et le contenu des plans d’austérité adoptés ailleurs en Europe confirme bien que nous sommes tous des Grecs en puissance. Dernier exemple en date : l’Espagne du socialiste Zapatero va baisser unilatéralement le salaire de ses fonctionnaires. La Grèce est donc pour l’heure le cratère par lequel est sortie la lave en fusion qui bout sous le continent européen et dont nous percevons partout désormais les fumées épaisses. Demain celle-ci jaillira ailleurs. Jusqu’à ce que les réponses radicales qu’appelle la crise aient été mises en œuvre. Ce qui ne se produira pas si des outils politiques nouveaux ne sont pas forgés pour le faire. Je suis donc venu voir la manifestation la plus aigüe de la crise parce que c’est à cette situation que le Parti de Gauche se prépare à répondre.</p>
<p>La première chose que m’apportent mes échanges est une masse cruciale d’informations qui sont soigneusement passées sous silence en France. L’unanimisme des médias aggravé par la médiocrité de leurs pages internationales est une immense difficulté pour tous ceux qui veulent se faire une idée honnête des questions internationales. Saviez-vous par exemple que la Grèce est le pays d’Europe où l’imposition des riches et du capital est la plus faible ? Le taux des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu y est passé en quelques années de 45 à 24%. Une politique suivie avec constance par les gouvernements de droite comme celui du social-libéral Simitis. Saviez-vous que les propres prévisions du FMI, celles qui correspondent au scénario de la prétendue « sortie de crise » pilotée par cet organisme, prévoient un taux de chômage  de 18% en 2015 (dans cinq ans , l’équivalent d’une législature !) et à la même date une dette de 150% du PIB, soit plus que la dette actuelle que son intervention est censée résorber ? Maintenant que vous le savez faites le savoir ! Il faut préparer les nôtres à ce qui s’annonce. Car ces chiffres veulent dire une chose terrible : le plan « d’aide » européen qu’on nous a présenté comme un soutien provisoire prévu pour 3 ans seulement devra être reconduit et pas qu’une fois puisque l’on prévoit une dette encore aggravée dans 5 ans. Lorsque les « marchés financiers » auront le nez sur cette réalité il faut s’attendre à un nouvel emballement. Et se préparer à une nouvelle offensive idéologique pour tout mettre sur le dos des Grecs en les accusant d’avoir ménagé leurs efforts. Mensonge puisque le FMI reconnaît dès à présent que son plan d’austérité va faire reculer le PIB et donc dégrader la solvabilité du pays ! Pour s’entraîner à répliquer, je vous invite à contrebattre dès aujourd’hui le scandaleux portrait fait des Grecs buvant de l’ouzo au soleil au frais de l’Europe. Ou encore les attaques d’Alain Minc expliquant que les fonctionnaires grecs qui quittent le bureau pour faire le taxi à 17h partiraient à l’avenir à 16h pour compenser la suppression de leurs primes comme si c’est par fainéantise que certains d’entre eux pratiquent la double journée de travail. </p>
<p>L’autre élément que je découvre à mesure de mes rencontres, c’est la manière dont la crise économique impacte et déstabilise la société tout entière et notamment son système de représentation. Ce passage d’une crise économique à une crise sociale puis politique me paraît essentiel. Car son issue peut faire basculer le pays d’un côté ou de l’autre. Le responsable Europe de Synaspismos, qui à trente ans est déjà un observateur fin et subtil des mécanismes politiques à l’œuvre dans son pays, me dit lors de nos échanges que depuis la crise les citoyens font ici de la politique sur une « base quotidienne ». Ce qu’il me décrit, c’est l’accélération du temps politique produite par une accélération du mouvement des consciences. Attention il ne s’agit pas d’un processus linéaire à l’image de ce que dans notre jargon militant nous nommons parfois « conscientisation », cette sorte d’apprentissage cumulatif par lequel on se détache de l’idéologie dominante pour accéder à une conscience critique du monde. C’est plutôt le fait que chaque jour chacun se forge une opinion sur les nouveaux événements qui le percutent, défaisant parfois les certitudes de la veille, adoptant de nouvelles représentations du monde dans une tentative parfois vaine d’y voir plus clair. Les traits politiquement dominants d’une telle configuration sont donc à la fois la politisation de la société et son extrême instabilité. </p>
<p>Les formes politiques anciennes sont bousculées par ce nouveau contexte d’implication populaire et d’instabilité politique. Elles y répondent par un durcissement autoritaire. Ce phénomène affecte notamment le parti social-démocrate au pouvoir, le PASOK. Pour prendre la mesure de la violence symbolique qu’il doit exercer sur les siens, il faut d’abord imaginer l’ampleur du revirement opéré par le PASOK lorsqu’il a résolu de mettre en œuvre l’austérité réclamée par le FMI et l’Union Européenne. Le PASOK a passé par-dessus bord en quelques jours toutes ses promesses de campagne en même temps que tous les discours qu’il tenait dans l’opposition. Par exemple l’un de ses grands sujets d’affrontement avec le gouvernement de droite avait été son opposition à sa décision d’augmenter la TVA de 18 à 19%. Le PASOK défendait alors un impôt sur le premier propriétaire foncier du pays, l’Eglise, qui bénéficie d’une exemption exorbitante dans tous les sens du terme. A peine arrivé au gouvernement, ces socialistes en peau de lapin ont enterré leur projet d’abolir les privilèges fiscaux de l’Eglise au nom de l’unité nationale… et augmenté de 19 à 23% la TVA qui frappe si lourdement le petit peuple qui venait de les porter au pouvoir! Le vice-ministre des Finances a déclaré à un journal grec que ce tournant était décidé dès le premier jour en même temps que le recours au FMI dont Papandreou s’est pourtant servi dans un premier temps comme épouvantail pour obliger son peuple à des sacrifices rapides avant de faire mine de s’y résoudre. Heureusement pour lui le gouvernement socialiste a pu s’appuyer dans un premier temps sur des sondages favorables. Dans des partis de cette nature ceux-ci valent bien des arguments idéologiques. Or les sondages sont en train de tourner. Le large succès des grèves générales y est pour beaucoup. Les confédérations syndicales du pays y ont appelé, celle du public puis celle du privé, alors qu’elles sont dirigées toutes deux par des membres du Pasok. Mais il faut noter que l’aile gauche de ce parti n’a rien dit. Pas un mot. Donc pour l’heure Papandreou gouverne sans aucune contestation interne. Seuls trois députés socialistes ont refusé de voter pour le plan d’austérité. Ils se sont contentés de s’abstenir. C’était déjà trop pour le premier ministre. Avant même la fin du dépouillement, le président de l’Assemblée recevait un fax et lisait à la tribune que les trois « dissidents » avaient été exclus du groupe socialiste par décision personnelle de Papandreou. Voilà indiquée la limite qu’entend assigner ce dernier au débat démocratique. Mais ce n’est pas tout. Accrochez-vous bien. D’abord il faut savoir que le gouvernement Papandreou a fait adopter un véritable coup d’état institutionnel en donnant au ministre des Finances le droit de signer des accords avec le FMI sans en référer au Parlement. Pour enrober cet exploit, il s’est empressé d’inviter tous les partis à une réunion censée réaliser l’unité nationale face à la crise. Les deux partis de l’autre gauche, les communistes du KKE et nos amis de Synaspismos ont refusé de s’y rendre. Et c’est donc entre le représentant de la droite et celui de l’extrême droite que Papandreou a célébré l’unité nationale réalisée. Pour compléter le tableau, sachez aussi que le plan d’austérité du gouvernement a été adopté par les voix convergentes du Pasok et de l’extrême-droite,  la droite s’abstenant pour protester contre le recours au FMI ! Si l’on y ajoute la pratique des arrestations préventives avant les grèves générales, on a une idée du durcissement du climat politique et de la dérive du pouvoir.</p>
<p>Un aspect positif surnage dans ce naufrage politique de l’unité nationale avec l’extrême droite. En acceptant l’offre de Papandreou, et en votant en faveur du plan d’austérité, celle-ci, qui malgré le souvenir encore proche de la dictature des Colonels a réussi lors des deux dernières élections législatives à entrer au Parlement, s’est en quelque sorte invalidé comme parti d’opposition à la politique gouvernementale. Quelle chance que cette faute politique grossière ! Sans cela le développement la crise risquerait bien de profiter à l’extrême droite. Tout danger n’est pour autant pas exclu d’une issue à droite à la crise. L’option qui inquiète nos amis en ce moment est la montée en puissance médiatique de grands patrons du pays qui appellent sur les ondes à punir les politiques en mettant au pouvoir des hommes d’affaires efficace qui eux au moins n’ont pas de problème pour payer leurs employés à la fin du mois. Mais là encore la gauche grecque a beaucoup de chance. L’une de ces étoiles montantes s’est mise elle-même au tapis. L’anecdote en dit long sur le personnage. Il s’agit d’un certain Andreas Vgenopoulos, patron du premier groupe laitier du pays, d’Olympic Airlines qui lui a été cédé pour une bouchée de pain au moment de la privatisation… et de la banque Marfin. C’est cette banque qui a été incendiée par une bande d’abrutis anarchisants lors de la grève générale du 6 mai dernier, provoquant la mort de trois employés. Il se trouve que ce Monsieur avait justement interdit à ces employés de faire grève. Il leur avait imposé de travailler, et n’avait pris aucune mesure de protection pour cette agence située sur le parcours de la manifestation, alors même que le Block grec n’en est pas à son premier exploit. Pour corser le tout, l’agence était fermée de l’intérieur. Or Vgenopoulos s’est rendu sur place une heure après le drame tout sourire. Accusé d’être à moitié responsable de leur décès par des manifestants, il s’est contenté de rire. Et interpellé par l’un d’entre eux qui lui demandait combien de yachts il possédait pour sa part, il s’est tourné vers lui et a répondu « trois » du geste, air hilare en prime. La scène, intégralement filmée, a tellement choqué qu’elle a interrompu la fulgurante ascension du personnage. Les dénouements politiques tiennent parfois à peu de choses. On voit bien que celui de la crise grecque est loin d’être écrit à cette heure.</p>
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		<title>Le groupe front de Gauche et alternatifs soutient les infirmiers et infirmières anesthésistes</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 10:56:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Delapierre</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Voies bloquées&nbsp;&raquo;, c&#8217;est à l&#8217;image du comportement de la Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Après plusieurs mois de grève, faute de réponses sérieuses de la part du ministère de la santé, les infirmiers et infirmières anesthésistes ont été contraintes, durant plusieurs heures, de bloquer les voies à la gare Montparnasse, seul moyen de se faire entendre. En effet, alors que les infirmières demandent le maintien de leur spécialité, la reconnaissance de leur diplôme au niveau de Master, et la revalorisation salariale correspondante, la porte de leur ministère de tutelle reste fermée.</p>
<p>Pourtant, la question posée par les infirmiers et infirmières anesthésistes n&#8217;est pas des moindres : c&#8217;est celle du maintient de leur statut et d&#8217;une rémunération qui va de pair avec cette reconnaissance. C&#8217;est celle de l&#8217;avenir de la santé et du service public hospitalier qui est un droit pour chacun d&#8217;entre nous. En effet, le Ministère de la Santé envisage de supprimer cette spécialité et refuse dans la même logique d&#8217;engager des discussions sérieuses sur la reconnaissance de leur diplôme et leurs rémunérations&#8230;</p>
<p>Madame Bachelot fait des économies de bout de chandelle, en bradant l&#8217;hôpital public au détriment des moyens humain. Elle perd également de vues les risques sanitaires lorsqu&#8217;une nation brade sa santé. Pire, la Ministre loin de faire des économies va contribuer ainsi à accroître les coûts des contrats d&#8217;assurance, la responsabilité médicale et notamment hospitalière étant de plus en plus lourde&#8230; Sans compter, au final, le risque réel de pénurie puisque de moins en moins de médecins accepteront de s&#8217;engager dans cette spécialité.</p>
<p>L&#8217;argent qui a permis de se fournir des vaccins contre la grippe A en surnombre manquerait-il maintenant pour permettre de rémunérer à leur juste valeur les infirmiers et infirmières anesthésistes ?</p>
<p>Mme Bachelot a créé la situation de blocage symbolisée à merveille par les infirmiers et infirmières anesthésistes en bloquant les voies de chemins de fer. C&#8217;est à elle qu&#8217;il incombe maintenant de la débloquer. Pour les élus du groupe Front de Gauche et Alternatifs au Conseil régional d&#8217;Ile de France, soutenir les infirmiers et infirmières anesthésistes c&#8217;est soutenir le droit à une santé de qualité pour toutes et tous. Assez de la santé au rabais, oui à une revalorisation des salaires pour un service public de qualité !</p>
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		<title>MERCI OSKAR !</title>
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		<pubDate>Sun, 16 May 2010 15:38:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>François Delapierre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Etranger]]></category>
		<category><![CDATA[Evenements]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Je me trouve avec Raquel Garrido et Lars Steinau depuis hier soir en Allemagne, à Rostock, au bord de la Mer Baltique, où nous assistons au deuxième Congrès de Die Linke. Dès notre arrivée, nous avons été accueillis par le responsable aux relations extérieures du Parti. Helmut Scholz nous informe que nous bénéficions d’une attention [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;">Je me trouve avec Raquel Garrido et Lars Steinau depuis hier soir en Allemagne, à Rostock, au bord de la Mer Baltique, où nous assistons au deuxième Congrès de Die Linke. Dès notre arrivée, nous avons été accueillis par le responsable aux relations extérieures du Parti. Helmut Scholz nous informe que nous bénéficions d’une attention toute spéciale. La direction de Die Linke a en effet décidé de ne pas solliciter d’invités internationaux par souci d’économie et aussi parce que ce Congrès sera consacré en grande partie à des désignations internes qui risqueraient de paraître fastidieuses à des non avertis. Mais elle a fait une exception pour le PG, destinataire d’une invitation personnelle d’Oskar Lafontaine. Nous ne sommes pas peu fiers !</span></p>
<p><span style="color: #000000;">C’est un Congrès très particulier pour Oskar. La maladie s’est brutalement invitée dans une existence toute entière consacrée à la lutte politique depuis qu’on lui a découvert il y a quelques mois un cancer de la prostate. Dès lors Oskar a préféré ne pas se représenter à la présidence du Parti. Cette décision irrévocable a pris tout le monde de court. Les grands médias ont immédiatement prédit l’éclatement de Die Linke ! Le Congrès de Rostock doit pour la première fois désigner un seul président du Parti en remplacement du binôme constitué jusqu’ici par Oskar avec l’ancien président du PDS Lothar Bisky. Chacun s’attendait à ce qu’Oskar Lafontaine soit élu. Car sa personnalité joue un rôle essentiel dans l’alliage unique qu’est Die Linke. Se mêlent en effet dans ce parti des histoires politiques très différentes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Bien sûr, ce qui a séparé hier beaucoup de ceux qui militent aujourd’hui dans un même parti, c’est le Mur. Or ça, c’est difficile à dépasser. Non pas que le bilan de cette période ne puisse être établi par la discussion collective, tout au moins pour la part qui a besoin d’être mise en partage. Nous constatons ainsi que l’histoire de cette séparation n’est pas du tout occultée. En nous faisant présenter le contenu des séminaires d’accueil des nouveaux adhérents par les responsables du secteur formation de Die Linke, nous remarquons qu’elles y occupent une place importante. Le projet de programme du Parti qu’une camarade de la commission internationale vient de traduire sur son temps libre (je me demande combien d’heures cela représente, à coup sûr pas moins d’une cinquantaine !) revient longuement sur le bilan de l’Allemagne de l’Est. La nécessité d’un bilan argumenté est donc traitée avec sérieux et courage. Le petit groupe de militants de la CDU qui s’est installé ce matin à l’entrée du Congrès pour brandir le nom de personnes tuées sur le Mur ferait bien de s’inspirer. Leur cirque insultant n’apporte rien à la compréhension des événements qui font partie maintenant de l’histoire commune de leur pays depuis la réunification. Die Linke a fait bien plus en la matière avec son travail critique sur le bilan de la DDR.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Mais pour autant un parti tout seul fut-il Die Linke ne peut pas effacer des clivages qui continuent de structurer très profondément la société allemande. La réunification du pays est inachevée. Peut-être la grande divergence qui a duré plus de quarante ans entre deux systèmes économiques, sociaux, politiques séparés par le Mur ne sera jamais complètement effacée. Pour l’heure elle se prolonge dans la différence qui se résorbe, mais qui n’a pas disparue, des résultats électoraux à l’Est et à l’Ouest. Dès lors, qu’on le veuille ou non, les militants de Die Linke ne sont pas dans la même situation, renforçant leur poids à 30% dans un Land de l’Est ou s’implantant rapidement à 6% dans un Land de l’Ouest.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il suffirait de laisser le vote départager les candidats potentiels objecteront certains. Mais la direction du Parti ne cherche pas à faire émerger un point de vue simplement majoritaire. Elle refuse qu’une position l’emporte sur une autre par le seul argument du nombre. Elle veut obstinément forger une culture commune pour dépasser les anciens clivages. Un travail patient s’est donc mis en place pour présenter une proposition consensuelle de nouvelle direction au Congrès. Il y aura donc deux présidents, quatre vice-présidents, deux secrétaires généraux et deux secrétaires au développement du parti. Au final, par la conviction, la direction est parvenue à ce qu’il y ait autant de candidats que de places. Tous les délégués, plutôt que de reproduire les anciennes appartenances, voteront donc à plusieurs reprises pour des représentants qui n’ont pas le même parcours que lui. Gregor Gysi, le co-président du groupe parlementaire, toujours décisif en ces circonstances, a fait le compte. Parmi ces dix responsables, il dénombre 2 anciens du SED (parti communiste est-allemand), 5 anciens du SPD, 3 qui n’ont appartenu à aucun de ces deux partis. Nous remarquons que cette nouvelle équipe se distingue également par sa jeunesse. Ce sont en quasi-totalité de nouveaux élus des récents scrutins, régionales, législatives et européennes.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Presque tous les principaux responsables du parti sont renouvelés. Au milieu de tous les départs, celui des deux anciens présidents revêt une signification particulière. Un hommage leur est rendu dans le temps opportunément requis par le dépouillement des bulletins de votes pour l’élection de leurs successeurs. Les remerciements du Parti à Oskar Lafontaine nous touchent bien sûr particulièrement. Gysi rappelle que Die Linke n’existerait pas sans la décision claire et courageuse d’Oskar. Lafontaine a démissionné de son poste de ministre de l’économie lorsqu’il a compris que le nouveau chancelier qu’il avait fait élire après avoir été lui-même élu président du SPD, Gerhard Schröder, était décidé à s’engager dans une politique de « troisième voie » blairiste. Oskar se met alors en retrait de la vie politique. Mais il cherche activement une issue à la catastrophe que représente pour lui l’effacement de la gauche allemande. Il discute régulièrement avec Gysi, le fondateur du PDS. Un jour celui-ci a le courage de lui demander s’il envisagerait de quitter le SPD. Oskar répond tranquillement oui. Mais il attend encore de voir si le SPD va changer d’orientation à l’issue d’une importante élection qui se tiendra à la fin de l’année 2005, dans son bastion de Rhénanie-du-Nord Westphalie, qui vient justement d’être renouvelé il y a quelques jours. Le SPD subit ce jour-là une raclée électorale. Schröder ne change rien à sa ligne. Oskar aura le courage de s’arracher à son parti pour adhérer au tout jeune WASG, qui plafonne à 2% aux élections. Il y met une condition : qu’une alliance électorale soit nouée dans la perspective d’un parti commun entre le WASG et le PDS.  En quelques mois, il obtient la constitution du Linkspartei, qui rencontrera un succès immédiat aux élections législatives (8%). L’engagement de Lafontaine a donc permis qu’une alternative de gauche émerge en Allemagne. Aujourd’hui, cinq ans plus tard, Die Linke est un parti solide qui recèle nombre de dirigeants, de porte-paroles, d’élus de grande qualité. Le parti a largement dépassé le noyau de ses fondateurs. 20% de ses membres ont adhéré ces deux dernières années. Il est installé dans le système allemand des partis avec 12% des voix aux dernières législatives, soient cinq millions d’électeurs.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A la fin du discours d’hommage à Lafontaine, l’organisation du Congrès lance le Temps des Cerises. Nous nous regardons étonnés. Oskar monte à la tribune dire quelques mots en retour. Il remercie ses camarades d’avoir choisi cette « chanson de la Commune et de la gauche française ». Merci Oskar !</span></p>
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